Mettre les choses au clair, clôturer définitivement l’incident du«révisionniste» perdu lors du conseil communal du 21 mai dernier, voilà ce que Michel Lemmens tenait à faire dès les premières minutes du premier conseil de l’année académique mardi dernier.

Plusieurs longues minutes de discours du bourgmestre à l’assemblée ont abordé les quelques sujets tendus qui planaient encore sur la commune. «Les riverains du Péry, qui se sont plaints suite aux différents festivals sur le site pendant les vacances, ont estimé leur dégât à un peu plus de mille euros. Pour la Commune, ce ne sont pas moins de 10 000€ qu’ont coûtés ces plaintes, en comptant les frais d’avocat et les frais du personnel qui s’est mobilisé ces jours-là pour maintenir l’ordre. Nous n’en dirons pas plus.»

Puis il a fallu revenir sur ce fameux conseil du 21 mai, où le bourgmestre a utilisé l’adjectif «révisionniste» pour qualifier le conseiller communal de l’opposition Marc Evrard (Pour Nandrin) qui remettait en cause les comptes de la Commune. L’homme de 62 ans, historien de formation, en a été profondément choqué. «Un historien révisionniste, c’est quelqu’un qui nie l’existence du génocide juif et celle des chambres à gaz. Je ne peux l’accepter. C’est une atteinte grave à ma personne», avait-il déclaré à la presse dans ce cadre. Tellement choqué qu’il est allé porter plainte à la police le lendemain pour calomnie. La police a donc auditionné toutes les personnes présentes ce jour-là afin de tirer au clair la situation.

Pour Michel Lemmens, le contexte «d’historien» n’avait en aucune sorte raison d’être ici. «Un révisionniste est une personne qui remet en cause un dogme ou une théorie, notamment celle d’un parti politique» lit-il dans le Larousse dont il a soigneusement imprimé la page et fluoré la définition.

«L’avocat de Monsieur Evrard précise que son client abandonnera les poursuites en cas d’excuse publique. Je présente donc mes sincères excuses à Marc Evrard pour avoir utilisé un mot dont il n’a pas compris la portée» continue le bourgmestre.

Dans la foulée, Michel Lemmens a voulu offrir un petit dictionnaire au conseiller, avant de se rendre compte que Marc Evrard en avait déjà un sur sa table. «À l’avenir, si la situation dérape à cause d’un mot que j’ai employé, n’hésitez pas à suspendre la séance pour vérifier son emploi dans le dictionnaire» conclut le bourgmestre.