Il aurait pu jeter le gant. Se consacrer à ses deux enfants et ses petits-enfants, à son job de préfet d’Athénée aussi. Mais non, Marc Evrard en veut encore. «Mon épouse me dit d’arrêter là, mais j’ai toujours envie d’être utile. Et puis, j’ai la chance, ou la malchance pour certains, de n’avoir encore exercé aucun mandat exécutif. » Un mandat exécutif… C’est l’annonce de son envie d’être bourgmestre qui a jeté un froid. Mais aussi, en 2009, son intention de se démarquer de la majorité UPN, de désormais voter en tant qu’homme libéré de toute contrainte. Les tensions politiciennes l’avaient poussé à pareille sortie. «Je savais alors qu’il y avait un accord signé entre PS, cdH et écolo en vue du scrutin d’octobre prochain. Le MR était alors pris en otage », explique-t-il aujourd’hui.

Ses déclarations ont cependant été l’élément déclencheur de plusieurs réflexions. Le PS dit avoir réfléchi à comment réagir (voir L’Avenir d’hier vendredi). Au sein même du MR, des tensions sont nées (tous ne le suivaient apparemment pas comme un seul homme) avec, comme conséquence, la création d’une liste par l’actuel échevin Benoît Ramelot et le président du CPAS Guy Mottet. Mais Marc Evrard l’affirme : il ne s’est pas fait remonter les bretelles par sa fédération. «Personne n’a jamais dit que j’avais exagéré. »

La fraîcheur des candidats

Et Marc Evrard, dans tout cela? Difficile de l’imaginer candidats au sein d’Expressions commune(s), la liste formée par le PS, le cdH et les écolos. Tout aussi impossible d’encore le voir aux côtés de Benoît Ramelot et Guy Mottet. Il ne restait au président du MR nandrinois que la liste blanche Pour Nandrin, lancée par Jeannick Piron. D’autant plus qu’il ne voulait pas créer encore, lui-même, une autre liste libérale. «Deux listes avec des libéraux, c’est assez. »

Et là, Marc Evrard a choisi, ou plutôt il a été choisi : il poussera la liste Pour Nandrin qui le lui a demandé. Se disant séduit par la «fraîcheur » de ses candidats, leur spontanéité aussi. «C’est une liste citoyenne de gens aimables, sans arrière-pensée. Des gens simples, sans ambition personnelle. » La liste blanche veut proposer du nouveau, et elle est composée de seize nouvelles têtes en politique. Marc Evrard en sera le seul candidat expérimenté, lui qui est conseiller communal depuis 18 ans, sans jamais avoir exercé de mandat exécutif cependant. «Après six ans de disputes, j’ai envie d’autre chose », ajoute-t-il lui qui a aussi été attiré par une liste… emmenée par une femme. «Il faut oser cette modernité. »